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Imène & Tom Jordo

Auteur

Fratrie d’écriture autant que de sang, nous avons choisi de raconter le quotidien des êtres que la vie bouscule. Nos romans explorent ces moments où une existence bascule, parfois brutalement, parfois presque imperceptiblement, mais toujours avec des conséquences profondes sur ceux qui les traversent. Écrire à deux n’était au départ qu’un défi. Une idée un peu audacieuse, presque un jeu : confronter deux sensibilités, deux imaginaires, deux rythmes d’écriture. Très vite pourtant, l’expérience s’est transformée en évidence. Ce qui devait être une tentative ponctuelle est devenu une méthode, puis un plaisir partagé. Dans ce dialogue permanent entre nos voix s’est construit un espace d’écriture commun, où les idées circulent, se transforment, s’affinent. Nous travaillons nos textes comme on construit une conversation longue et patiente : chacun apporte sa vision, ses intuitions, ses doutes, et c’est dans cette friction créative que naissent nos histoires. Nos romans naissent souvent d’une question simple : que se passe-t-il lorsque la vie d’un individu est soudainement déplacée de son axe ? Lorsque le passé refait surface, lorsque les certitudes vacillent, lorsque l’identité elle-même devient incertaine ? Nous aimons suivre ces moments de bascule, ces instants où un personnage doit réapprendre à se comprendre lui-même. Notre écriture s’inscrit dans un registre contemporain et réaliste, où la psychologie des personnages occupe une place centrale. L’introspection, la sensibilité et la profondeur émotionnelle sont au cœur de notre démarche narrative. Nous privilégions une approche au plus près de l’expérience humaine, cherchant moins à raconter des événements spectaculaires qu’à explorer leurs répercussions intimes. Le rythme de nos récits se construit autour d’un équilibre entre tension et réflexion. Certaines scènes s’inscrivent dans une dynamique presque haletante, tandis que d’autres prennent le temps d’observer les personnages, leurs hésitations, leurs silences, leurs contradictions. Cette alternance permet d’installer une narration fluide, capable de maintenir l’attention du lecteur tout en laissant place à l’exploration des émotions. Les dialogues occupent une place importante dans nos romans. Nous les travaillons comme des espaces de vérité où les personnages se dévoilent, parfois malgré eux. Souvent incisifs, parfois retenus, ils participent à faire émerger les non-dits et les tensions sous-jacentes. À travers eux, nous cherchons à restituer la complexité des relations humaines, où ce qui est dit compte parfois moins que ce qui reste tu. La narration à la troisième personne nous permet d’approcher au plus près l’intériorité de nos protagonistes tout en conservant une certaine distance. Ce point de vue offre la possibilité d’explorer les pensées, les doutes et les émotions avec précision, sans enfermer le récit dans une subjectivité unique. Il ouvre également un espace où le lecteur peut progressivement reconstruire les enjeux cachés de l’histoire. Notre style reste volontairement sobre. Les métaphores et les images poétiques apparaissent avec parcimonie, comme des éclats discrets venant éclairer certains moments du récit. Nous préférons laisser la force des situations et des émotions porter l’histoire plutôt que de multiplier les effets stylistiques. Cette économie de moyens permet de maintenir nos récits ancrés dans un quotidien crédible, proche de l’expérience du lecteur. Parmi les thèmes qui traversent nos romans, la quête identitaire occupe une place centrale. Dans Bleu Myosotis, Erika entreprend ainsi de retrouver son frère évaporé, un voyage qui devient rapidement autant intérieur que géographique. Derrière l’enquête familiale se dessine une interrogation plus vaste : comment se construit-on lorsque certaines pièces essentielles de son histoire ont disparu ? La mémoire constitue également un fil conducteur majeur dans notre travail. Elle peut être fragmentée, dissimulée, altérée ou douloureuse, mais elle reste toujours un territoire déterminant pour comprendre les personnages. Les secrets de famille, les silences transmis de génération en génération et les héritages invisibles façonnent les trajectoires de nos protagonistes. Dans Un katana dans le ventre, nous explorons plus directement les blessures psychologiques et les mécanismes de défense que les individus construisent pour survivre à leurs propres traumatismes. Le personnage de Jérémy incarne cette lutte intérieure : celle d’un homme qui tente de continuer à avancer tout en portant le poids d’un passé difficile à affronter. À travers lui, le roman interroge les conséquences invisibles du stress, de la culpabilité et du silence. Ces thématiques nous permettent d’aborder des questions universelles : dans quelle mesure le passé influence-t-il nos choix présents ? Peut-on réellement se libérer de ce qui nous a façonnés ? Et comment construire son identité lorsque certaines vérités restent enfouies ? Notre troisième roman, dont la parution est prévue courant 2026, marque une nouvelle étape dans notre parcours littéraire. Avec ce livre, nous explorons le territoire du roman noir, tout en restant fidèles à ce qui constitue l’ADN de notre écriture : la mémoire, les racines et le poids des secrets. Ce changement de registre nous permet d’introduire une tension narrative plus sombre, tout en poursuivant notre exploration des mécanismes intimes qui façonnent les êtres. Au fond, nos romans abordent toujours les mêmes thèmes : des individus confrontés à ce qu’ils ignorent d’eux-mêmes. À travers leurs parcours, leurs fragilités et leurs résistances, nous cherchons à raconter la complexité humaine dans ce qu’elle a de plus universel : la difficulté de se comprendre, et la nécessité, malgré tout, d’avancer.

Réalisations

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    Bleu Myosotis Lien
    Quand Erika apprend l’existence d’un frère dont elle a été séparée à la naissance, un gouffre d’émotions et de questionnements s’ouvre sous ses pieds. Le contact s’établit grâce aux réseaux sociaux, fragile mais prometteur… jusqu’à ce que tout s’interrompe, brutalement. Plus de réponse. Plus aucun signe. Inquiète, livrée à elle-même, Erika quitte sa ville pour rejoindre Nice, armée de quelques messages échangés et des rares traces numériques laissées par son frère. Sur place, rien ne se passe comme prévu. De rencontres en révélations, elle découvre un homme aux multiples visages, dessiné à travers les récits d’inconnus, les silences gênés, les souvenirs flous, les dissimulations. Peu à peu, son enquête devient quête intime, et Erika devra démêler les fils d’une histoire familiale bien plus complexe et troublante qu’elle ne l’imaginait.
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    Un katana dans le ventre Lien
    Quand Jérémy pousse pour la première fois la porte du cabinet d'Ester, il ne confie presque rien. Le regard fuyant, une nervosité à fleur de peau, il évoque vaguement un problème de stress au travail. Mais derrière la banalité du mal évoqué, quelque chose vacille. Au fil des séances, entre silences pesants et aveux fragmentaires, un passé enfoui refait surface : des douleurs au ventre, fulgurantes ; des angoisses, omniprésentes ; une enfance marquée par l'ombre ; une mémoire que le corps n'a jamais cessé de porter. Face à lui, Ester, sa psychologue, tente d'exhumer une parole longtemps enterrée. Et puis il y a Hélène, la meilleure amie, présence constante et lumineuse, qui s'acharne à l'aider à retrouver le fil de lui-même. Entre la fuite et la lutte, ce roman explore avec justesse la bataille d'un homme contre les fantômes du passé, l'ambiguïté des liens, et la difficile conquête de soi. Un récit bouleversant sur la résilience, la honte, et la possibilité ténue d'une lumière