Sasha Grimm est une autrice française et artiste pluridisciplinaire. Formée aux Beaux-Arts et en psychologie, elle emprunte différentes voies de création pour observer, comprendre et donner forme à ce qui l’interpelle. Enfant, elle voulait devenir troubadour. Pas écrivaine : troubadour. Elle remportait pourtant quelques concours d’écriture de science-fiction, tentés sans vraiment y croire, tout en se sentant paradoxalement maladroite avec les mots, à l’oral comme à l’écrit. Sa pratique artistique commence tôt, dans un cursus d’arts appliqués où la création est déjà affaire de contraintes, de recherche, de technique et de délais. Elle se tourne ensuite vers les arts plastiques, aux Beaux-Arts, à la recherche d’un mode d’expression plus personnel. De ces expériences, elle retient la nécessité d’un équilibre entre maîtrise et liberté : apprendre les règles, disposer des outils nécessaires pour construire, mais savoir aussi s’en affranchir, laisser apparaître quelque chose de plus brut et accepter de se laisser surprendre par ce qui émerge. La psychologie répondra plus tard à un autre besoin : mieux comprendre les mécanismes humains et les rapports sociaux. Elle y rencontrera une autre forme de rigueur, fondée sur la recherche, les sources et la construction méthodologique. Des apprentissages très différents qui participent aujourd’hui d’un même fonctionnement : observer, chercher, expérimenter, puis préciser. L’écriture littéraire arrive plus tard, presque par hasard. Un exercice d’écriture laissé de côté puis repris près d’un an après sa première version lui donne envie de tirer un fil et, pour la première fois, de dérouler une histoire. Elle deviendra "Figure n°3 — L’envol", son premier roman, publié en autoédition en 2026. Cette expérience décomplexe surtout son rapport à l’écriture et ouvre un territoire qu’elle continue depuis d’explorer. Comme dans sa pratique plastique, elle cherche à rendre presque palpables des états, des émotions et des sensations difficiles à saisir, mais aussi à donner forme à certaines pensées que l’on s’autorise mal à avoir — celles qui dérangent parce qu’elles sont contradictoires, inconfortables ou difficiles à formuler. Elle est également attentive aux détails infimes. Une micro-expression, une odeur, un éclat de lumière, une fleur qui pousse à travers le béton peuvent retenir son attention et devenir la matière d’une image, d’un texte ou simplement d’un questionnement. Ces choses minuscules l’intéressent précisément parce qu’elles peuvent révéler quelque chose de beaucoup plus vaste. Son univers se situe ainsi volontiers dans les zones intermédiaires : ce qui est en train de se transformer sans que l’on sache encore lui donner un nom ; ce que l’on ressent avant de pouvoir l’expliquer ; ce qui se défait ou cherche à émerger ; les compromis que l’on accepte trop longtemps et ce que vivre, choisir ou évoluer peut parfois exiger de laisser derrière soi. Sasha Grimm cherche moins à apporter des réponses qu’à rendre ces mouvements perceptibles. Dans un roman, ce qui l’intéresse n’est pas seulement l’histoire racontée, mais ce que le lecteur emporte après avoir refermé le livre : une sensation, une atmosphère, une question qui persiste peut-être un peu plus longtemps que le récit lui-même. L’écriture n’est pas sa thérapie. Elle l’envisage comme un médium supplémentaire, un vecteur de transmission parmi d’autres. Une matière peut être intime ou profondément émotionnelle sans que sa finalité soit cathartique : elle devient matière de création, travaillée jusqu’à trouver la forme qui permettra de la transmettre. Aujourd’hui, écriture et création visuelle commencent progressivement à se rejoindre dans sa pratique, sans qu’elle cherche nécessairement à tracer entre elles des frontières définitives. "La vie me déchire. Et j’existe, après tout."
Autrice de fiction littéraire contemporaine en autoédition, j’écris des romans et textes courts où l’introspection, l’émotion et les mécanismes de transformation intérieure occupent une place centrale.
Je suis venue à l’écriture presque par hasard, même si elle s’inscrit finalement dans une démarche qui m’est familière : aller travailler précisément là où je me sens démunie. Enfant, j’avais remporté quelques concours d’écriture de science-fiction, tentés sans vraiment y croire, mais je me suis longtemps sentie maladroite avec les mots, à l’oral comme à l’écrit. J’ai fait beaucoup d’efforts au fil des années pour trouver les mots justes, et c’est par une forme de nécessité que j’ai participé aux ateliers d’écriture d’Élisabeth Bing et pratiqué régulièrement des exercices d’écriture. Pendant longtemps, je n’ai pas vraiment eu de voix ni trouvé l’espace pour la prendre. L’écriture n’était donc ni une évidence ni un projet de carrière. Un exercice d’écriture, laissé de côté puis repris près d’un an plus tard, m’a donné envie de tirer un fil, de dérouler pour la première fois une histoire : celle qui allait devenir “Figure n°3 — L’envol”, mon premier roman. Ce texte a surtout décomplexé mon rapport à l’écriture et ouvert un territoire que je continue aujourd’hui d’explorer. J’avais dès le départ en tête un projet éditorial singulier, pensé au-delà du seul texte et appelé à évoluer. La version actuellement publiée de Figure n°3 n’en constitue que la première forme. Il me semblait difficile de préserver cette liberté de conception et d’évolution dans un parcours éditorial classique ; l’autoédition s’est donc imposée assez naturellement. Ce rapport à l’écriture fait écho à mon parcours dans d’autres disciplines. Je me suis tournée vers les Beaux-Arts portée par un besoin de m’exprimer, alors même que je ne me pensais pas particulièrement douée pour le dessin ; ce chemin m’a pourtant conduite jusqu’à exposer mon travail. Plus tard, j’ai étudié la psychologie parce que je me sentais démunie face à certaines questions humaines, notamment celles des relations et des fonctionnements sociaux. Dans chacun de ces domaines, la démarche est finalement assez semblable : partir de ce que je ne sais pas faire ou comprendre, l’éprouver, l’étudier, le travailler. Ces différents chemins nourrissent aujourd’hui mon univers. Je m’intéresse aux états de transition, aux mécanismes intérieurs parfois presque imperceptibles, à ce qui se joue dans les silences, les sensations et les détails ordinaires. J’écris moins pour expliquer que pour faire éprouver, en laissant au lecteur suffisamment d’espace pour reconnaître quelque chose de lui-même.
J’écris principalement de la fiction littéraire contemporaine, sous forme de romans et de textes courts. Mon travail s’inscrit dans une écriture introspective, centrée sur l’intériorité, les relations humaines et ces moments de bascule où quelque chose se défait, se transforme ou cherche à émerger. Mon premier roman, “Figure n°3 — L’envol”, est actuellement disponible en ebook et en version papier. Il constitue aussi la première étape d’un projet éditorial appelé à se déployer sous d’autres formes : une édition enrichie mêlant textes et création visuelle, ainsi qu’une version audio du roman, portée par ma propre voix. Je développe parallèlement d’autres formes d’écriture : des textes publiés dans "Fissures", ma newsletter sur Substack, où j’observe ce qui nous traverse et tente de rendre perceptible ce qui souvent ne l’est pas ; des textes courts, notamment destinés à des concours d’écriture ; et de nouveaux projets de fiction, dont certains peuvent progressivement prendre la forme d’un roman. Mon activité artistique s’étend également aux arts plastiques, avec la volonté de faire progressivement dialoguer davantage ces différents médiums.
Mes textes s’adressent aux lecteurs et lectrices de littérature contemporaine sensibles aux récits d’intériorité, aux personnages ordinaires traversés par des mouvements qui le sont moins, et aux histoires qui privilégient l’émotion et le ressenti à la complexité de l’intrigue. Ils pourront particulièrement parler à celles et ceux qui aiment les textes où beaucoup se joue dans les silences, les détails et ce qui n’est pas entièrement formulé ; qui acceptent de laisser une place à leur propre interprétation et, parfois, de reconnaître quelque chose d’eux-mêmes dans ce qu’ils lisent. “Figure n°3 — L’envol” peut notamment trouver un écho auprès de lecteurs qui s’interrogent sur les choix que l’on fait — ou que l’on ne fait pas — au fil d’une vie, sur l’effacement, l’attachement, le renoncement, mais aussi sur la possibilité de recommencer et de s’autoriser encore à vivre autrement.
Je pars généralement de très peu : une idée simple, une émotion que je veux transmettre, parfois seulement une accroche, un début ou une fin. Je commence à écrire sans nécessairement savoir tout ce que le texte contiendra. C’est en tirant ce premier fil que je découvre progressivement ce que j’ai envie de révéler. Le texte s’étoffe, des éléments apparaissent, se déplacent, changent de place ou de fonction. Une première version peut ainsi tripler de volume au fil des réécritures. Vient ensuite un mouvement presque inverse : je taille. Je coupe beaucoup, réorganise encore et affine jusqu’à ce que chaque passage ait une fonction et que les mots choisis correspondent aussi précisément que possible à ce que je cherche à transmettre. Cette économie n’est donc pas mon point de départ, mais le résultat d’un processus assez long de réduction et de précision. “Figure n°3 — L’envol”, que j’imaginais initialement comme une très courte nouvelle, s’est construit de cette manière. J’ai par ailleurs un rapport assez discipliné à la création. La page blanche m’intimide peu : je peux me donner vingt minutes et une contrainte, puis commencer à écrire. Une fois le fil trouvé, la difficulté est plutôt de m’arrêter. Pour Figure n°3, le cœur du roman s’est ainsi écrit très rapidement, en deux ou trois semaines ; le travail de réécriture, de coupe et d’ajustement qui l’a rendu publiable s’est ensuite poursuivi pendant plusieurs mois. Ma manière d’écrire tient finalement dans ce double mouvement : laisser d’abord le texte trouver son ampleur et parfois me surprendre, puis intervenir avec beaucoup plus d’exigence pour ne conserver que ce qui me semble juste. Je cherche moins à tout dire qu’à faire ressentir précisément, en laissant volontairement une part du texte au lecteur.
Mon activité d’autrice publiée est récente : mon premier roman, "Figure n°3 — L’envol", est paru en autoédition en version numérique en janvier 2026, puis en version papier en février 2026. J’en développe aujourd’hui les prolongements, avec un projet d’édition enrichie associant textes bonus et création visuelle, sous forme d’illustrations et de photographies, ainsi qu’une version audio que je souhaite interpréter moi-même. En parallèle, je publie mensuellement "Fissures" sur Substack depuis mai 2026, un espace d’écriture où je partage des textes et réflexions autour de ce qui nous traverse, nous transforme ou se révèle parfois dans les détails ordinaires. Je poursuis également l’écriture de nouvelles fictions et de textes courts, dont certains sont destinés à des concours d’écriture. Cette pratique littéraire s’inscrit dans un parcours créatif plus ancien : formée à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR, Mulhouse), j’ai exposé mes photographies argentiques dans le cadre de l’exposition collective "Musée Instantané" (galerie Ircos, Mulhouse), et refusé jusqu'à présent d'exposer des travaux que je considère plus personnels. Aujourd’hui, je cherche progressivement à faire dialoguer ces différentes pratiques plutôt qu’à les envisager comme des territoires séparés.
Je privilégie les échanges avec des lecteurs, chroniqueurs, auteurs ou créateurs qui reconnaissent dans mon travail une sensibilité faisant écho à la leur. Je suis heureuse d’échanger autour de mes textes et de découvrir des démarches artistiques singulières, particulièrement lorsqu’elles accordent une place importante à l’introspection, à l’émotion et à ce qui se joue au-delà de l’explicite. Je reste ouverte à certaines propositions de rencontres, interviews ou projets éditoriaux et créatifs lorsqu’ils présentent une véritable cohérence avec mon univers. Je préfère peu d’échanges, mais choisis et sincères, à une multiplication de sollicitations sans affinité réelle.
L'écriture n'est pas ma thérapie. Je l'utilise comme un médium supplémentaire, un vecteur de transmission. Ce qui m'intéresse dans un roman, ce n'est pas tant l'histoire que ce qu'il me transmet : quelles émotions, quels questionnements j'emporte avec moi une fois le livre refermé. Communiquer une observation fugace, une émotion viscérale ou encore une atmosphère : voilà de quoi est fait mon univers.